Abdramane Diabate et Cyril Seck

Cet article est initialement paru en anglais sur le site de la fondation Rockefeller.

Face à une pandémie globale, aucun pays ne peut être protégé si tous les pays ne le sont pas. Les confinements, fermetures de frontières et perturbations du commerce et des échanges internationaux ne peuvent être tenables que durant de courtes périodes. Dans de nombreux pays à faible revenu, les économies, les communautés et les ménages sont organisés de telle sorte que la distanciation sociale peut s’avérer quasi impossible à mettre en place, en particulier en milieu urbain. Alors, comment les gouvernements peuvent-ils élaborer des solutions qui garantissent la sécurité de leurs populations tout en tenant compte de leur situation et besoins spécifiques ? Les centres d’opérations d’urgence en santé publique (COUSP) deviennent alors cruciaux.

Les COUSP permettent de suivre les épidémies et de fournir aux gouvernements les données nécessaires pour déployer une riposte rapide et efficace. En effet, lorsque le système est pleinement opérationnel, il permet de détecter et contenir les maladies dangereuses en assurant une surveillance syndromique de routine et en déployant des équipes d’intervention rapide pour analyser et gérer les menaces. Un COUSP permet au pays d’adapter sa riposte à l’ampleur de la menace et de veiller à ce que les foyers de contamination ne se transforment pas en épidémies ou, pire encore, en pandémies. En définitive, les COUSP sont de véritables plates-formes de coordination qui interprètent la situation sur le terrain tout en établissant un lien avec les personnes et les instances en mesure d’apporter leur soutien.

En février 2020, lorsque la Covid-19 a été détectée pour la première fois en Afrique, le COUSP du Mali n’en était qu’à ses débuts et manquait de personnel et de ressources.

« Au début, je travaillais tout seul au centre. Je me battais sur tous les fronts. C’était très difficile de me retrouver seul à la tête d’un COUSP », confie Dr Malick Kone, chef du COUSP du Mali. C’est dans ce contexte que la Fondation Rockefeller a accordé une subvention à Dalberg Advisors, afin de fournir une expertise technique au COUSP du Mali et aux COUSP de cinq autres pays d’Afrique de l’Ouest : la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Mauritanie et le Sénégal.

En travaillant en étroite collaboration avec Dalberg, le Dr. Kone et d’autres responsables du COUSP ont pu améliorer la réponse globale du pays face à la Covid-19 et s’assurer que les plans et procédures d’urgence de santé publique du Mali sont conformes aux normes internationales.

« Le Mali a besoin d’un COUSP opérationnel : une pandémie est en cours, et nous devons tout mettre en œuvre pour relever les défis actuels. En outre, ces efforts permettront de mettre en place des mécanismes importants qui aideront le pays à surmonter d’éventuelles crises. Nous contribuons à la mise en place de structures qui aideront les systèmes de santé publique à évoluer pour mieux répondre aux besoins des personnes qu’ils servent », déclare Madji Sock, Associée et Directrice de Dalberg Advisors en Afrique de l’Ouest.

Cette collaboration a permis d’optimiser les performances du COUSP du Mali en matière de surveillance et de contrôle des maladies. Des liens plus étroits ont été établis avec l’Institution nationale de santé publique du pays qui, à long terme, fait office de centre de suivi, de contrôle et de prévention des infections.

« Nous sommes conscients qu’une maladie contagieuse qui sévit dans un pays constitue une menace pour le monde entier », a déclaré le Dr Nana Twum-Danso, Directeur général du département Santé à la Fondation Rockefeller. « Cette collaboration devrait permettre aux gouvernements des pays d’Afrique de l’Ouest de renforcer leurs systèmes d’identification et de riposte face aux épidémies locales comme la COVID 19. Elle devrait aussi apporter un soutien substantiel à la sécurité sanitaire au niveau mondial. »

Aujourd’hui, les performances du COUSP du Mali se sont nettement améliorées et le centre remplit parfaitement ses fonctions dans le cadre du système de gestion des urgences de santé publique. Il coordonne les efforts des principaux partenaires nationaux impliqués dans la riposte à la Covid-19.

C’est aussi la principale institution publique capable aujourd’hui de former et de déployer des équipes de réponse rapide pour détecter et prendre en charge les cas de Covid-19.

Le COUSP du Mali s’est aujourd’hui bien développé et peut maintenant étendre son champ d’action sur toute l’étendue du territoire, ce qui lui permettra de répondre efficacement à toute crise éventuelle.

Le personnel du COUSP du Mali est désormais disposé à poursuivre le travail à long terme :

« L’autonomie du COUSP dans son organisation technique et opérationnelle est un facteur clé de succès », a déclaré le Dr Koné. « Ce dialogue avec les consultants de Dalberg et les autres responsables du COUSP nous a permis de mesurer ce que nous pouvons accomplir ».

Cet état d’esprit a permis à l’équipe du COUSP de jouer un rôle clé dans le renforcement du dispositif de riposte du pays au niveau central et au niveau des districts. En outre, il est important de renforcer les systèmes d’alerte précoce, d’assurer une surveillance plus efficace aux points d’entrée terrestres et d’instaurer une communication interactive avec les communautés. Ces mesures contribueront à renforcer la préparation et la riposte à une éventuelle urgence de santé publique au Mali.

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