Depuis plus de vingt ans, Gavi, l’Alliance du Vaccin sauve des millions de vies en soutenant les efforts de vaccination des communautés les plus vulnérables. Aujourd’hui, la mission s’étend en aidant plusieurs pays à avoir accès à des financements viables et à diriger leurs programmes de santé de façon autonome à moyen et long termes.

Gavi collabore avec Dalberg dans plusieurs pays Africains dans le but de fournir aux différents ministères de la santé un appui technique en termes de leadership, de gestion et de coordination ; et de créer des services mandatés pour administrer les financements des programmes de vaccination.

Le modèle de financement Gavi permet de partager le coût des vaccins avec les pays bénéficiaires et ce pendant une période prédéterminée, puis de réduire progressivement les financements externes au fur et à mesure que les économies prospèrent. Pour chaque enfant, Gavi contribue à financer des vaccins salvateurs et des subventions pour mettre en place des systèmes de santé pérennes, qualitatifs et équitables. L’objectif final est de préparer la majorité des pays à diriger et financer leurs propres programmes de vaccination.

Pour ce faire, une série d’évaluations conjointes des capacités des programmes de vaccination a été réalisée par différents experts. De nombreuses consultations multipartites entre les pays bénéficiaires, Gavi et ses partenaires membres de l’Alliance du Vaccin, notamment l’OMS et l’UNICEF, ont permis d’identifier la nécessité de lancer plusieurs initiatives visant à consolider le pilotage et la gestion des programmes de vaccination nationaux.

Une campagne de vaccination contre la rougeole aux Comoros en novembre 2019

 

A partir de 2016, Gavi a renforcé ses investissements dans les pays pour fortifier le leadership, la gestion et la coordination (LMC) des programmes de vaccination. Le LMC a été identifié comme étant un des domaines stratégiques clés permettant de renforcer la vaccination et, plus généralement, les systèmes de santé des pays accompagnés par Gavi.

Le programme LMC accompagne la coordination des divers soutiens apportés par Gavi favorisant ainsi une meilleure budgétisation et une planification intégrée des subventions destinées aux programmes de vaccination. L’objectif, à terme, est de permettre aux pays de transitionner vers une gestion autonome de leurs programmes de santé.

Afin de renforcer leur autonomisation dans la gestion de leurs programmes de vaccination, les pays doivent en premier lieu démontrer que leurs systèmes et procédures de prise de décisions sont efficaces. Ils doivent également être en capacité d’appuyer de manière indépendante d’importantes campagnes vaccinales et d’assurer un accès équitable aux vaccins pour tous. Cela nécessite une préparation bien structurée en particulier lorsqu’il s’agit de la gestion financière, du pilotage de projet et du renforcement des capacités.

Un partenariat avec Dalberg depuis 2017 a permis de fournir un appui à des pays comme la Côte d’Ivoire, la Guinée, Madagascar et les Comores. Ces pays ont pu bénéficier de cet accompagnement afin de se préparer à développer des systèmes de gestion financière et opérationnelle autonomes. Dalberg a conçu des méthodes reconnues pour accompagner les gouvernements dans l’élaboration de plans d’action propres aux besoins nationaux pour gérer et financer des programmes de vaccination.

En s’appuyant sur une réflexion systémique, le modèle proposé par Dalberg cherche à renforcer les capacités et consolider la coordination sur trois niveaux : le ministère de la Santé, le Programme Elargi de Vaccination (PEV) et l’échelon décentralisé. De cette manière, les capacités des institutions et de chaque personne travaillant au sein d’un programme de santé peuvent être accrues permettant ainsi l’intégration de chaque pays dans un écosystème global. S’agissant du personnel des programmes de santé, la majeure partie du travail consiste à renforcer les connaissances techniques, les compétences en leadership et en gestion. En ce qui concerne le niveau institutionnel, Dalberg a choisi de mettre l’accent sur le leadership stratégique, la gestion des ressources humaines, des procédures et procédés, et l’élaboration d’un plaidoyer de haut niveau pour soutenir une volonté politique.

Entre autres solutions, il y a la création de services dédiés à la gestion des programmes de vaccination, la conduite de programmes de développement par un consultant de Dalberg – Partenaire de gestion (Management Partner) – afin de renforcer les systèmes de gestion et les procédés de suivi, et aider à recruter une équipe opérationnelle.

Les pays bénéficiaires du soutien de Gavi désirent surmonter les défis qui leur sont propres et se trouvent à différentes étapes du développement de programmes de vaccination pérennes. Améliorer les aptitudes en leadership, gestion et coordination a permis aux programmes de vaccination nationaux de se développer durablement. Ils pourraient, à terme, devenir des modèles pour d’autres programmes de santé publique.

Une annonce faite aux Comores au cours d’une campagne de vaccination contre la rougeole en novembre 2019

 

 

 

La stratégie de la Côte d’Ivoire pour pérenniser son programme de vaccination

En Côte d’Ivoire, Dalberg et le Programme LMC de Gavi ont aidé le Gouvernement à financer et diriger durablement son programme de vaccination. En 2020, une phase pilote essentielle, de la transition vers l’autonomie de gestion, a permis de transférer directement au Gouvernement ivoirien une partie des subventions pour la gestion des fonds des programmes de vaccination (les fonds étaient auparavant gérés par des organisations tierces). Ce pilote a prouvé l’efficacité des réformes engagées par le Gouvernement, avec le soutien du programme LMC, ainsi que la possibilité d’élargir l’utilisation de celui-ci à d’autres services de santé en soins primaires.

En 2022, la Côte d’Ivoire entrera dans une phase de transition de cinq ans préalable à la cessation des financements Gavi. Durant cette période, le ministère de la Santé commencera progressivement à diriger et financer ses propres programmes de vaccination. Depuis 2001, le Gouvernement a étroitement collaboré avec Gavi pour atteindre son objectif qui était de prévenir les pertes de vie causées par des maladies pour lesquelles il existe des vaccins.

Le partenariat Gavi-Dalberg appuie la volonté de la Côte d’Ivoire pour réussir sa transition vers une autosuffisance financière et programmatique. Dalberg a été mandaté en 2017 à la suite d’une analyse du programme existant et d’une série d’évaluations des capacités qui ont permis d’identifier de nombreux défis, notamment en termes d’alignement des systèmes de gestion financières du pays avec ceux des donateurs et partenaires techniques et financiers. Ces évaluations avaient aussi mis en lumière la nécessité de mettre en place un ensemble de mesures pour renforcer les capacités de gestion et consolider la confiance des bailleurs de fonds.

Relever et surmonter les défis

Faisant suite à l’audit de 2017, le Gouvernement s’est engagé à élaborer un processus transparent pour la gestion de fonds des bailleurs et pour la promotion de l’efficacité opérationnelle. Cela a nécessité la création de manuels de procédure pour la coordination du programme élargi de vaccination (PEV). Des mécanismes solides ont également été conçus afin de suivre les progrès et assurer la redevabilité des parties prenantes, que sont la Direction Générale de la Santé, le Département des Affaires Financières et le Contrôleur Financier. Par exemple, des réunions régulières d’examen des données du PEV ont été mises en place par les cadres supérieurs du ministère de la Santé.

Une nouvelle structure organisationnelle favorise une meilleure gestion de notre système de santé et une intervention rapide en cas de crise.

Professeur Mamadou Samba, Directeur Général de la Santé au Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, Côte d’Ivoire

Grâce aux nouvelles structures et aux avancées réalisées depuis 2018, le ministère de la Santé ivoirien a pu endosser la responsabilité de l’ensemble des processus de gestion financière, avec un accent particulier sur la transparence. Un examen et une restructuration organisationnelle ont été réalisés et ont débouché sur la création d’une Unité de Coordination des Programmes pour les Financements Externes (UCP-FE) au sein du ministère, et l’élaboration d’un nouveau système de gestion des subventions afin d’impliquer les parties prenantes responsables de l’exécution des programmes.

La formation du personnel est une priorité pour la Côte d’Ivoire. Le ministère de la Santé a intensifié ses efforts afin de délivrer régulièrement des formations de qualité au personnel de l’UCP-FE en matière de leadership, de gestion, de finance et d’informatique. Le personnel du PEV a également participé à la formation afin d’améliorer sa compréhension des procédures de gestion financière.

« Un total de 57 personnes et membres du PEV ont été formés en 2020. Cela a permis de renforcer les capacités des équipes grâce à de meilleures pratiques comptables, à l’utilisation de nouveaux logiciels, à la création d’une procédure d’exploitation standard et au développement d’une culture d’apprentissage entre pairs. Ces étapes démontrent les avancées des pratiques de gestion, à mesure que le programme de vaccination devient de plus en plus pérenne », dit Pascal Rigaldies, Directeur National Sénior (Gavi).

Résultats et prochaines étapes

Grâce à l’UCP-FE et aux nouveaux mécanismes de gestion des subventions établis, la Côte d’Ivoire a pu franchir une étape marquante en avril 2020. A titre d’expérimentation, Gavi a opéré le transfert direct d’une partie des subventions des programmes de vaccination vers l’UCP-FE et non plus vers les partenaires de l’Alliance comme c’était le cas auparavant. Ce pilote a notamment permis au Gouvernement ivoirien de mettre en place une réponse rapide à l’urgence sanitaire de la Covid-19.

A travers cette phase pilote, le ministère de la Santé a reçu 6 millions de dollars US de Gavi dans le but de financer les coûts d’exploitation liés aux mesures de vaccination, 8 millions de plus sont prévus en 2021. En dépit des défis liés à la pandémie de Covid-19, le ministère de la Santé est sur la bonne voie pour améliorer la gestion et la coordination de divers partenariats, comme démontré lors de la gestion des interventions immédiates liées à la pandémie. L’un des résultats attendus sera à l’avenir, une allocation des ressources plus efficace, et l’ambition d’atteindre plus rapidement l’objectif de 95 % de couverture vaccinale, contre 84 % en 2019.

La gestion des transferts de fonds a réellement bouleversé les notions d’appropriation et de leadership dont le personnel du ministère de la Santé a fait preuve aux niveaux central et sous-national. Le transfert de responsabilités influencera non seulement les programmes de vaccination mais pourrait également être bénéfique pour les autres initiatives sanitaires en Côte d’Ivoire.

Grâce à l’appui catalytique qui renforce les aptitudes en leadership et en gestion des équipes du ministère de la Santé et plus particulièrement du PEV, la Côte d’Ivoire est en bonne voie pour favoriser une augmentation progressive de son budget national destiné aux programmes de vaccination, et ne plus dépendre du soutien de Gavi dans le futur.

 

 

La Guinée prend des mesures pour gérer ses programmes de vaccination de façon autonome

A l’image de la Côte d’Ivoire qui a pris des mesures visant à la durabilité de son programme de vaccination, la Guinée a opté pour la mise en place d’un nouveau dispositif qui lui permettra de pérenniser la gestion et l’autonomie de ses programmes de santé. Une première étape importante a été de mettre en place et de recruter l’équipe d’une unité dédiée à la gestion et à la coordination des fonds alloués par Gavi au financement des programmes de vaccination et de créer des synergies entre les équipes gouvernementales et les principaux partenaires financiers, notamment le Fonds mondial et la Banque mondiale.

Grâce à la création d’une unité dédiée, l’Unité d’Appui à la Gestion et à la Coordination des Programmes (UAGCP), le ministère de la Santé guinéen a pu accéder directement et superviser la gestion des financements du programme élargi de vaccination (PEV), veillant ainsi à une bonne application des règles et à des procédures comptables et financières favorisant les intérêts nationaux et internationaux. Cette initiative de Gavi en Guinée vise à renforcer le système de santé en créant notamment des synergies entre les activités et financements des différents partenaires techniques. La mise en place d’actions conjointes permet d’assurer une meilleure visibilité sur l’ensemble des activités de terrain des différents programmes de santé. Cette initiative a également pour objectif de redonner au pays sa légitimité dans la gestion des fonds extérieurs grâce à un accompagnement continu des partenaires techniques et financiers.

La création de l’UAGCP mais surtout l’adhésion et la participation active des partenaires financiers tels que la Banque mondiale et le Fonds mondial sont le fruit d’une très forte implication des équipes du ministère de la Santé et du Responsable Pays de Gavi (communication, réunions hebdomadaires, identification et résolution de problèmes). La mise en place de processus de suivi et de coordination conjointe entre les différents partenaires externes et le ministère de la Santé permettent désormais d’assurer une meilleure gestion financière ainsi qu’une amélioration des capacités programmatiques du PEV.

L’UAGCP est responsable de la mise en place de mécanismes de gestion et d’une synergie au sein des départements techniques chargés de la mise en œuvre des programmes de santé.

La collaboration entre Gavi et la Guinée a débuté en 2002 et avait pour but de protéger la santé des populations en veillant à garantir un accès équitable aux vaccins. En se concentrant également sur le développement des capacités du pays en termes de leadership, management et coordination, la Guinée a pu améliorer la gestion financière de ses programmes de vaccination mais aussi d’autres programmes de santé.

Poser les bases de la durabilité

Afin que les programmes de vaccination soient administrés par les pays eux-mêmes, une structure organisationnelle solide et efficace doit être mise en place pour assurer des transitions réussies, hors du soutien de Gavi. En ce qui concerne la Guinée, Gavi a chargé Dalberg en 2018 de supporter techniquement le Gouvernement dans la conception et le développement du leadership, de la gestion et de la coordination des programmes de vaccination.

Grâce à un partenariat entre le ministère de la Santé et un Partenaire de Gestion (Management Partner) de Dalberg, et en étroite concertation avec Gavi, le Fonds mondial et la Banque mondiale, l’UAGCP a été créée en 2019 et officiellement lancée en 2020. L’UAGCP met en place des mécanismes nouveaux pour renforcer les capacités et appuyer la gestion, la coordination et la supervision centralisée des programmes. L’UAGCP a également pour rôle de permettre une plus grande transparence sur l’utilisation du budget national alloué aux programmes de santé afin d’éviter toute duplication des activités financées par l’ensemble des partenaires extérieurs.

Au moyen d’un processus de recrutement ouvert et transparent, une équipe aguerrie a été constituée pour accomplir la mission de l’UAGCP. Elle assure le fonctionnement quotidien des opérations, veille à ce que la culture du résultat se développe et met en place des outils et méthodes de travail efficients.

« Des objectifs clairs ont été fixés pour chacun des membres du personnel et une procédure d’évaluation des performances a été mise en place. Le personnel national profite également d’une formation continue à travers l’expertise et l’accompagnement d’un agent fiscal » a confié Néné Barry, Management Partner chez Dalberg.

Afin que chaque pays puisse mener à bien des programmes de vaccination, une structure organisationnelle solide et efficace doit être mise en place.

Magdi Ibrahim, Responsable Pays pour Gavi

Prochaines étapes

Aujourd’hui, les prochaines étapes pour la Guinée reposent essentiellement sur l’appropriation des procédures de gestion des financements extérieurs au niveau décentralisé. L’objectif est de réformer progressivement les procédures de décaissement au niveau des régions et districts sanitaires tout en tenant compte des réalités et challenges rencontrés sur le terrain. En ce sens, de nombreuses activités sont en cours notamment le renforcement des capacités des cadres dans les districts sanitaires. Tous les agents de districts seront prochainement outillés et formés aux normes et procédures de gestions des financements extérieurs.

Mises bout à bout, l’ensemble des réformes engagées par la Guinée constitue le cadre nécessaire pour que le pays puisse désormais gérer de façon autonome l’ensemble de ses financements externes et organiser une éventuelle transition en dehors du programme de financement de Gavi.

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